Wednesday, 13 January 2016

Mon expérience en centre d'accueil pour demandeurs d'asile

Pendant deux semaines au cours du mois de septembre, j’ai effectué un volontariat à travers l’association JAVVA au centre d’accueil pour demandeurs d’asile et réfugiés l'Amblève , administré par la Croix-Rouge de Belgique.
Ce fut une expérience intense de par ses bons et ses mauvais côtés, de par notre position de volontaires, à la croisée des chemins entre les salariés de la Croix-Rouge et les réfugiés eux-mêmes.

Du fait du caractère relativement exceptionnel de ce genre d’opportunités, notre groupe de volontaires a décidé de partager la façon dont nous avons vécu ce camp, chacun dans sa propre langue afin d’en faire profiter ses compatriotes. Je vous livre donc ma version.

Pourquoi je l’ai fait


J’ai fait ce volontariat dans un cadre très particulier et radicalement différent des autres volontaires. Comme vous le savez, j’étais étudiant-ingénieur à l’Ecole Centrale de Lille, dans ma dernière année, à quelques semaines du jury final. Pour valider mon diplôme, il me fallait avoir effectué 12 semaines à l’étranger et je n’en avais effectué que 10. Je me suis donc mis en quête, en juin/juillet, d’une façon de valider ces 2 semaines en prenant des congés sur le mois de septembre. Ne sachant trop que faire (un stage de 2 semaines étant assez inenvisageable :-), j’ai observé autour de moi que quelques étudiants en césure (année de stage entre avant-dernière et dernière année d’études) avaient choisi la voie du volontariat à l’étranger. J’ai donc songé à cette opportunité également, à la différence près que, pour 2 semaines, je ne me voyais pas m’envoler pour le Tibet ou le Pérou. J’ai donc orienté mes recherches sur les volontariats dans les pays limitrophes, dont la Belgique (même vue depuis Lille, c’est l’étranger).

La recherche d’une mission de volontariat est plus simple que l’on ne croie, et la réalisation de ladite mission également, de sorte que je vous encourage fortement, au cours de vos études ou si, un jour, il vous arrivait d’avoir trop de congés, de tenter l’expérience ! Une simple recherche Google vous permettra de trouver votre bonheur, ci-dessous deux exemples pour partir avec une association française :



Il faut savoir que, bien souvent, l’association française ne joue le rôle que d’intermédiaire : les associations locales derrière les annonces que vous voyez sur ce type de sites font un appel à volontaires internationaux et diffusent leurs offres auprès de leurs partenaires dans chaque pays qu’ils souhaitent cibler.

Dans mon cas, mes impératifs de durée (entre 2 et 4 semaines), de dates (septembre 2015) et de localisation (pays limitrophes à la France) limitaient beaucoup mes possibilités. Pour rappel, juillet 2015 a été marqué par la couverture médiatique importante du problèmes des demandeurs d’asile, notamment syriens. J’ai donc songé, dès lors, à effectuer ce volontariat sur cette thématique. Je me suis tourné vers “Jeunesse et Reconstruction” qui relayaient l’offre de volontariat de JAVVA, l’association belge en contact avec le centre de réfugiés, et me suis inscrit à travers cette association.

Pour résumer :


  • Le centre de réfugiés “L’Amblève” avait besoin de volontaires pour effectuer des travaux (principalement de la rénovation)
  • Le directeur du centre a contacté l’association belge JAVVA
  • L’association JAVVA a diffusé son annonce en Belgique ainsi que dans d’autres pays à travers ses partenaires (d’autres associations proposant des volontariats, dont Jeunesse et Reconstruction)
  • Il faut passer par l’association partenaire dans son pays d’origine, dans mon cas, Jeunesse et Reconstruction
  • Après quelques vérifications, notamment sur la motivation à participer à ce projet, vous voilà inscrit au volontariat moyennant un paiement de frais de dossiers (entre 40 et 200 € suivant l’association et le pays d’origine)
  • JAVVA s’occupe de vous expliquer la mission, le lieu de rendez-vous, etc.

Je suis donc arrivé, à la mi-septembre, en plein milieu des Ardennes belges, dans un endroit tout à fait isolé à 40 minutes au sud de Liège, dans un ancien centre de vacances converti en dortoir géant pour demandeurs d’asile de toutes nationalités.

Les gens qui étaient avec moi


Première soirée et découverte du groupe !

Il faut savoir qu’en général, un volontariat est “dirigé” par un ou deux “camp leader(s)” qui ont plusieurs expériences de camps derrière eux et ont la volonté de dynamiser le groupe. Ce ne sont pas des chefs/encadrants mais plutôt des facilitateurs dans le sens où ils assurent la relation avec l’entité d’accueil (ici la Croix Rouge) et le groupe, ils proposent des choses pour les temps libres, s’assurent que la bonne humeur est de rigueur !

Mes deux leaders étaient Chiara, une italienne travaillant dans une NGO en Irlande et Hassan, un belge membre de l’association JAVVA. Nous comptons aussi dans l’équipe : 


  • Adan, mexicain habitué des camps, encore en étude et donnant de son temps dans son pays d’origine pour une NGO s’occupant des migrants entre Mexique et USA
  • Justine, une française comme moi qui, après ses études d’assistante sociale s’est ménagée un peu de temps pour cette expérience
  • Katrin, une allemande faisant des études d’ingénieur en mécanique
  • Huyen, une vietnamienne faisant le tour de l’Europe cet été-là en allant de camp en camp
  • Carmen, une espagnole terminant ses études d’infirmière et souhaitant se spécialiser en secours haute montagne
  • Nicola, un italien en études d’économie

Il y a eu quelques "bas", c’est normal dans toute vie de groupe (nous avons partagé une douche, un toilette, deux lavabos et une seule chambre pendant deux semaines) mais beaucoup de hauts avec la découverte d’autres cultures, d’autres façons de travailler.

Je n’en dirai pas plus sur le groupe, c’est une expérience à vivre ; il n’est pas facile à décrire cette vie entièrement communautaire pendant 2 semaines.

Le processus d’acceptation des réfugiés


Avant d’en venir à ma rencontre et mes échanges avec les réfugiés, j’aimerais vous parler du processus d’acceptation des demandes d’asile parce qu’on entend beaucoup de choses (fausses) un peu partout et surtout depuis que le sujet est très médiatisé.

Dans tous les pays d’Europe, il existe un “bureau” centralisant toutes les demandes d’asile. Il ne suffit donc pas de traverser la frontière ! En Belgique par exemple, il faut se rendre jusqu’à Bruxelles pour pouvoir déposer une demande.

Note : bien entendu, les bureaux sont en ce moment submergés, de sorte que les migrants passent des journées entières dans ce bureau jusqu’à ce que ce soit leur tour…

Une fois la demande déposée, le bureau leur affecte un centre au hasard. En Belgique ce centre peut être administré par l’Etat Fédéral belge ou par la Croix-Rouge de Belgique (pour la partie wallonne) ou par son équivalent en Flandres.

Une fois dans ce centre, ils sont logés et nourris. Ils disposent d’une carte avec leur numéro précisant leur régime alimentaire. A chaque repas ils doivent se présenter au réfectoire et sont “pointés” sur une feuille : parfois les demandeurs quittent le centre sans prévenir. Concernant le logement, les personnes venues seules sont des dortoirs (femmes et hommes séparées), les familles bénéficient d’un studio, et les enfants venus seuls (dont je parle plus loin) sont à deux par chambre.

Ils peuvent prendre des vacances à raison de quelques jours par mois (leur absence au centre est alors “excusée”) et bénéficient à ce titre de 2 tickets (pour 1 A-R) valable dans toute la Belgique. Les personnes suivant des formations à l’extérieur ou allant à l’école voient leur abonnement de transport payés par la Croix-Rouge. Les autres doivent se servir pour se faire des 7 € par semaine que leur statut de demandeur d’asile leur accorde. Oui. Vous avez bien lu. 7 € par semaine et par personne. Alors quand vous entendez “ces arabes qui viennent pour des raisons économiques et qui veulent rien branler” ou “moi j’ai travaillé 40 ans et j’ai moins de retraite que ce qu’on leur donne avec toutes les alloc’ de ce pays”, souvenez-vous de ce chiffre.

Nota : si la demande d’asile est acceptée, le temps que ledit réfugié trouve un travail, il perçoit le revenu minimum du pays dans lequel il vit (le RSA en France par exemple). Je ne pense pas que ce soit une situation enviable.

Quelques mois se passent… 3 pour les plus chanceux, 24 pour les moins chanceux. Pendant ce temps, ils se rendent à des interviews à Bruxelles pour que les autorités comprennent pourquoi ils ont fui leur pays. Les textes sont très clairs à ce sujet : il faut être en danger de mort dans son pays d’origine et pouvoir le prouver. Les personnes incapables de le prouver se voient refuser leur demande. En plus de ces éléments, l’Europe a mis en place un système de vérification. Oui oui, des gens se rendent vraiment dans des petits vilages de Somalie pour vérifier que les radicaux veulent te tuer parce que tu as regardé une fille qui n’était pas de ta caste.

J’en viens donc au deuxième chiffre intéressant : environ 20% des demandeurs, en Belgique, se voient accorder le statut de réfugié. 80% doivent rentrer chez eux, ou devenir des clandestins. Les réfugiés “économiques”, ceux-là mêmes qui sont parfois désignés comme les “profiteurs” qui bénéficient des allocations généreuses de l’Etat, et qui a priori ne sont pas capables de prouver que leur vie est en danger (il y en a certes bien sûr qui passent au travers) sont tout simplement refusés.

Attention :


  • Le fichier des demandeurs est centralisé dans toute l’Europe, de sorte qu’un demandeur rejeté en France ne pourra se tourner vers un autre pays d’Europe pour une nouvelle demande : il sera automatiquement refusé
  • Il est possible de faire appel (une fois de mémoire) de la décision du comité ; c’est alors un autre comité qui examine la demande (une sorte de police des polices) et vous imaginez bien que cette deuxième procédure est encore plus longue que la première…
  • La procédure est assez similaire pour les MENA (mineurs et enfants non accompagnés : venus sans famille) sauf qu’ils restent en moyenne bien plus longtemps au centre : la procédure est plus longue puisqu’on cherche à savoir ce qu’il est advenu de leurs parents

Si la demande est acceptée, le centre aide le demandeur à trouver un logement, et sa nouvelle vie peut commencer !

La vie au centre


Vous vous souvenez des 7 € par semaine et par personne ? Vous trouviez que ce n’était pas assez ? Eh bien vous aviez raison, c’est pourquoi le centre offre des “jobs” aux demandeurs, rémunérés entre 2 et 5 € de l’heure (ben oui, la Croix-Rouge n’est pas si riche) : ménage des parties communes, service au réfectoire, administration de la laverie, changement de poubelles, …

Et donc contrairement à ce qu’on pourrait penser, le centre est très propre, tout est très bien géré.

Le centre est également doté d’une bibliothèque servant de salle de classe pour ceux souhaitant apprendre le français ou pour l’aide aux devoirs. Des assistantes sociales officient également tous les jours de la semaine. Une laverie est à la disposition des résidents, mais ils doivent acheter des dosettes (pour une somme très modique). Des terrains de volley, de foot et de basket se trouvent sur place, de même qu’une salle de télévision (il n’y en a pas dans la chambre, évidemment) et une salle de musculation.

Les produits de toilette peuvent également être achetés certains jours de la semaine pour des faibles prix.

Un bar est ouvert tous les soirs et sert du café, du thé, du jus pour des sommes très faibles (5 cts le café !) et des jeux de société sont à disposition. J’ai appris deux jeux de carte grâce à un Syrien avec lequel j’ai fait connaissance et je suis resté ami, Mahmoud, dont vous pouvez lire le témoignage en anglais dans ce blog.

Dans ce contexte, il n'était pas rare que les résidents desquels on s'était le plus rapproché nous raconte leur(s) histoire(s), la raison de leur venue ici.

Les pays les plus représentés sont majoritairement issus du Moyen-Orient : Pakistan, Irak, Iran. On comptait quelques pays africains, dont beaucoup de somaliens. Les réfugiés de ces 4 pays fuyaient très souvent le radicalisme religieux. Il y avait bien sûr la Syrie, récemment médiatisée, du fait de la guerre. De manière plus surprenante, j'y ai retrouvé quelques pays d'Europe de l'Est : même en Europe, des gens doivent fuir des régimes politiques répressifs : Albanie, Ukraine, Monténégro, ...


Un irakien des forces spéciales

J'ai été invité un soir à un dîner dans un dortoir composé majoritairement d'irakiens. Un mec ultra baraqué qui m'avait réduit en miettes une heure plus tôt au ping-pong m'explique qu'il était force spéciale (équivalent RAID/GIGN) irakienne, entraîné par les américains pour traquer et tuer les talibans. Il me montre les photos de cette période (récente) de sa vie : survols en hélicoptère des montagnes irakiennes, soldats en tenue, puis des images d'une autre teneur. Une balle a traversé sa jambe, beaucoup de sang. Une base de talibans, attaquée au lance-roquettes.

Après ces images et même si je ne doutais pas de leur véracité, il me montre ses cicatrices de balles, très clairement identifiables (plusieurs à l'épaule et aux jambes).

"Les talibans gagnent du terrain. Je veux une meilleure vie pour mon fils", m'explique-t-il.

Un danseur somalien

Pendant ces deux semaines, j'ai été très proche de ce somalien qui avait émigré très jeune en Arabie Saoudite où la communauté somalienne est importante. Il y avait fait ses études, son malheur étant d'aimer danser dans ce pays ultra-radical. Son visa n'a pas été renouvelé et il a dû rentrer en Somalie où il a découvert à ses dépends que son pays avait changé. Dans son village, les radicaux ont pris le contrôle. Alors que l'Arabie Saoudite est relativement "occidentalisée" sur beaucoup de choses (les femmes, le shopping, ...), la Somalie fonctionne encore avec des castes. Son erreur a donc été d'avoir de longues discussions avec une femme de son âge mais d'une autre caste (celle au pouvoir évidemment). Le père de ladite femme a donc demandé sa mise à mort. Ce qui serait arrivé si sa mère n'avait pas payé un passeur pour faire sortir son fils hors de Somalie. Vous vous souvenez sans doute qu'il faut prouver que sa vie est en danger pour être considéré comme un réfugié. Eh bien il avait un papier. Un jugement qui disait qu'il devait mourir parce qu'il n'aurait pas dû approcher cette femme.

L'enseignant de Gambie

En jouant au basket à l'extérieur, je suis rejoint par un jeune homme d'environ mon âge venant de Gambie. J'ai encore perdu. En Gambie donc, notre homme était à la faculté et allait devenir professeur des écoles lorsqu'il a dû fuir pour raisons politiques. Aujourd'hui il souhaite toujours devenir professeur, sauf qu'il ne parle pas un mot de français.

Il est trop vieux pour aller à l'école en Belgique. Il est trop fort en français pour suivre les cours d'introduction/alphabétisation au centre. Il doit donc aller à l'école pour adultes de Liège. Pour ce faire, il met tous les jours son réveil à 4h afin de prendre le bus de 5h qui l'emmènera à la gare d'où il prendra un train pour Liège. Après cela, il va au village proche du centre qui a un club de basket. A la fin de son entraînement, en rentrant au centre vers 21h, sa journée n'est pas finie. Il doit faire son "job" : il gère la laverie. Pourquoi ce job ? Parce que s'il veut pouvoir manger à midi, ne pouvant bénéficier de la nourriture à sa disposition au centre car n'y étant pas présent, il faut plus que 7 € par semaine...

C'est sûrement l'une des plus belles preuves de motivation que j'ai pues voir jusqu'à présent !

Pour finir


Je pourrais continuer à lister des témoignages ici, par exemple ceux des redoutables volleyeurs afghans (j'ai perdu au volley aussi), mais j'espère que vous avez compris l'idée : beaucoup de vies brisées, peu d'élus au précieux statut de réfugié et, à mon sens, très peu de "réfugiés économiques", du moins de ceux qui obtiennent vraiment le statut de réfugié.

Je pourrais aussi déblatérer sur la formidable expérience humaine de vivre avec un petit groupe de volontaires, mais cette expérience est propre à notre groupe et difficilement racontable : j'espère vous avoir donné envie !

Je pourrais enfin jouer sur la corde sensible et vous parler de ce petit afghan de 13 ans venus jusqu'en Belgique... à pieds. Et dont on ignore où sont les parents. Ce somalien de 15 ans dont la mère n'avait pas assez d'argent pour partir avec lui. 

J'ai entendu des histoires terribles, il y en a autant que de personnes dans le centre, multipliées par le nombre de centres. Et pensez à tous ceux qui n'ont pas la chance de venir jusqu'ici du fait du coût du voyage ?

Cependant, ce n'est pas mon rôle. Les journalistes et les ONG font déjà un travail incroyable en ce sens et avec sûrement bien plus d'objectivité.

A travers ce volontariat, j'en ai appris bien plus sur moi-même que ce que j'ai pu apporté aux résidents du centre. Je leur en suis infiniment reconnaissant. J'y ai tiré des enseignements qui me suivront toute ma vie et j'espère renouveler l'expérience dès que possible.

Je vous encourage donc :
  • A faire de même ! On a bien une ou deux semaines à "donner" (vous risquez, comme moi, de recevoir bien plus que vous ne donnerez)
  • A toujours vous méfier de ce qui pourra être dit dans les médias et par les politiques, sur ce sujet et sur d'autres, si ce n'est tous !
  • A lire le témoignage de Mahmoud. Avez-vous déjà entendu la phrase : "Si un étranger vous pique votre boulot c'est peut-être que vous êtes mauvais" en réponse aux rengaines xénophobes d'un parti d'extrême-droite français ? C'est un peu comme ça que je me suis senti avec Mahmoud, diplômé d'un Master en Sciences Economiques qui parle couramment arabe, turque, anglais...

2 comments:

  1. Description intéressante et fouillée d'une réalité à la fois terrifiante par l'ampleur insoupçonnée des obstacles dans la demande d'asile et vectrice d'espoirs pour une nature humaine si critiquable et critiquée dans ce monde incertain où les technologies de l'information semblent renforcer les barrières nationalistes, idéologiques et identitaires au lieu de les abattre. L''homme sait se montrer à la hauteur des difficultés qui lui font face et, qui sait, peut-être que ce seront des gens de la trempe de l'enseignant de Gambie qui contribueront un jour à une meilleure compréhension entre les peuples. Pour l'instant, en tout cas, ça force le respect et donne à penser qu'au-delà des évidentes limites de notre capacité d'accueil des réfugiés, il y a pour nous à apprendre et à gagner en donnant leur chance à ces infortunés.

    D'autre part, je m'interrogeais quant au devenir des demandeurs d'asile en provenance d'Ukraine. As-tu pu échanger avec certains d'entre eux ? Il s'agit là aussi d'un phénomène où la désinformation (ou même l'absence d'information) est grande chez nous...

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    1. Concernant l'Europe de l'Est, je ne saurais pas trop dire comment ça se passe. Par rapport aux autres nations représentées, ils sont arrivés bien plus souvent par famille, ce qui augmente assez considérablement le temps de traitement de leur demande. Nous n'avons pas explicitement parlé des causes de leur venue, j'imagine qu'il y a des raisons différentes (tout autant que dans les cas que j'exhibe plus haut). Ce dont je me souviens en revanche c'est que c'étaient sans doute ceux qui affirmaient avec le plus de force qu'ils souhaitaient pouvoir rentrer chez eux dès que les conflits qui les ont faits fuir cesseront. J'imagine que c'est lié au fait que l'asymétrie de conditions de vie est bien moins importante qu'avec des pays comme la Somalie, le Pakistan, etc. De là à savoir quand, c'est une autre histoire !

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